À Rouen, HAROPA PORT lance un appel à projets sur 39 hectares

À Rouen, HAROPA PORT lance un appel à projets sur 39 hectares
À Rouen, le portuaire occupe une place structurante dans l’économie locale, en reliant industrie, logistique, Seine et transition énergétique au cœur du bassin de vie rouennais ©Martin Flaux
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3 juin 2026


HAROPA PORT | Rouen ouvre une nouvelle séquence de valorisation foncière au cœur de la zone industrialo-portuaire rouennaise. L’appel à projets concerne plusieurs emprises situées à Grand-Quevilly et Petit-Couronne, sur la rive gauche de la Seine, pour une surface totale d’environ 39 hectares comprenant des terrains et un plan d’eau.

L’objectif est de permettre l’attribution d’une ou plusieurs conventions d’occupation temporaire. Derrière cette procédure, c’est une partie du foncier industriel du bassin de vie de Rouen qui pourrait connaître de nouveaux usages, dans un secteur déjà marqué par la présence d’activités chimiques, métallurgiques, agro-industrielles et liées au BTP.


Un foncier stratégique au cœur de la métropole rouennaise


Les terrains concernés s’inscrivent dans un environnement industriel dense, à proximité de la Seine et des grands axes de desserte de la métropole rouennaise. HAROPA PORT propose plusieurs sites distincts : le foncier HFR, l’ancien secteur des Hauts-Fourneaux de Rouen, le site Charvet, deux fonciers référencés 4771 et 5716, ainsi que le plan d’eau de la darse des docks.

L’ensemble représente 390 682 m². La darse des docks constitue la part la plus importante, avec près de 18 hectares de plan d’eau. Les autres surfaces se répartissent entre des emprises terrestres de tailles variées, dont certaines peuvent être envisagées de manière complémentaire à un projet industriel plus large.

Les sites se trouvent dans une zone déjà connectée aux usages portuaires, à la logistique industrielle et aux flux liés à la Seine :

  • Connexions fluviales et ferroviaires
  • Autoroutes A13, A28 et A29
  • A proximité des terminaux fluvio-maritimes rouennais et de la plateforme quadrimodale

Pour Rouen et son bassin de vie, l’enjeu dépasse donc la seule occupation de parcelles disponibles. Il touche à la capacité du territoire à accueillir de nouvelles activités productives dans un espace rare, contraint et stratégique.

Des projets attendus en lien avec l’écosystème portuaire rouennais


Les candidatures devront s’inscrire dans une logique industrielle et portuaire. HAROPA PORT attend des projets capables de dialoguer avec les activités déjà présentes sur la rive gauche : chimie, métallurgie, agro-industrie, BTP, flux maritimes ou fluviaux.

La transition énergétique occupe également une place importante dans l’appel à projets. Le dossier évoque la possibilité de développer, sur certains fonciers accessoires et sur le plan d’eau, de la production d’énergie renouvelable au bénéfice d’une installation industrielle implantée sur le site principal ou d’autres acteurs du secteur.

Cette orientation traduit une évolution plus large du foncier portuaire. Les sites ne sont plus seulement regardés comme des réserves d’espace. Ils deviennent des supports de transformation industrielle, avec des attentes sur la décarbonation, la massification des flux, les synergies locales et l’intégration dans le tissu économique existant.

Dans le bassin de Rouen, où les activités portuaires structurent une partie importante de l’emploi industriel, cette démarche pourrait contribuer à consolider des filières déjà implantées tout en ouvrant la porte à de nouveaux usages.

Une sélection attentive aux retombées pour le territoire


La procédure prévoit une remise des offres initiales au plus tard le vendredi 25 septembre 2026 à 16 h. Une phase d’audition pourra intervenir à l’automne, avant la remise des offres finales attendue au début du mois de décembre. L’attribution est envisagée au premier trimestre 2027.

Les projets seront analysés selon trois grands critères. La valorisation pour HAROPA PORT pèsera 60 % de la note. L’apport à l’écosystème portuaire et territorial comptera pour 25 %. L’intégration du projet dans son environnement représentera 15 %.

Cette pondération montre la priorité donnée à la solidité économique des offres, mais elle ne limite pas l’analyse à la seule redevance. Les candidats devront aussi démontrer la cohérence de leur implantation, leur capacité à créer des emplois, leur contribution à la transition écologique et leur compatibilité avec les contraintes du site.

Le dossier insiste également sur les règles applicables : urbanisme, risques industriels, risques d’inondation, loi sur l’eau, installations classées pour la protection de l’environnement. Dans ce secteur de la rive gauche, l’équilibre entre développement économique, sécurité industrielle et intégration environnementale sera déterminant.

Un enjeu foncier majeur pour le bassin de vie de Rouen


À l’échelle de l’axe Seine, HAROPA PORT occupe une place centrale dans les échanges maritimes, fluviaux et logistiques. La direction territoriale de Rouen s’appuie sur un ensemble de terminaux allant de Honfleur jusqu’à la Métropole Rouen Normandie, avec une expertise reconnue dans les vracs, les trafics conventionnels et les activités industrielles.

L’appel à projets de Grand-Quevilly et Petit-Couronne s’inscrit dans cette continuité. Il intervient dans un contexte où le foncier industriel disponible devient un levier de compétitivité, mais aussi un outil d’aménagement. Pour les entreprises, l’accès à des terrains connectés à la Seine, proches des infrastructures portuaires et intégrés à un écosystème industriel existant constitue un atout rare.

Pour Rouen et sa périphérie, l’enjeu sera de concilier attractivité économique, emplois, transition énergétique et maîtrise des contraintes environnementales. La sélection des projets dira, en creux, quelle place le territoire entend donner à son industrie dans les prochaines années.

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