Près de Rouen, ce parc exceptionnel attire des visiteurs Français et internationaux

Près de Rouen, ce parc exceptionnel attire des visiteurs Français et internationaux
Les flamants roses du Chili évoluent en liberté au milieu des visiteurs ©RNI
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4 juillet 2026
Près de Rouen, le Parc de Clères mélange histoire et parc zoologique ©RNI

Une après-midi d’été dans un parc à part


Samedi 4 juillet, en début d’après-midi, le Parc de Clères accueille ses visiteurs dans une lumière franche d’été. La chaleur est présente, mais l’ombre des grands arbres rend la promenade plus douce. À moins d’une demi-heure de la Métropole de Rouen, le parc s’étend sur 52 hectares, dans la vallée de la Clérette.

On y vient pour voir des animaux, bien sûr, mais aussi pour marcher, ralentir, observer un château derrière les feuillages, suivre le mouvement d’un oiseau au-dessus d’un étang, ou simplement profiter d’un peu de fraîcheur. Un lieu d’exception à découvrir.

Au parc de Clères près de Rouen, les nombreuses espèces vivent et évoluent en liberté au milieu des visiteurs. ©RNI
Près de Rouen, au parc de Clères, les visiteurs pourront admirer de magnifiques séquoias géants ©RNI

Un parc de 52 hectares accueille 1 400 animaux


Sous les séquoias, un jeune père venu de la Métropole de Rouen pousse doucement la poussette de sa fille. La petite dort, protégée du soleil. Lui s’arrête quelques instants à l’ombre, regarde les paons passer plus loin, puis reprend lentement son chemin.

« On voulait sortir sans trop s’éloigner de Rouen. Ici, il y a de l’ombre, de l’espace, et on peut vraiment prendre le temps », confie-t-il.

Cette proximité avec la Métropole de Rouen est l’un des atouts du Parc de Clères. Après une visite du centre historique de Rouen, de la cathédrale, des quais de Seine, des musées ou des villages alentour, le parc offre une autre manière de découvrir le territoire. Plus végétale. Plus calme. Plus tournée vers le vivant.

Un couple de Parisiens, en vacances quelques jours dans la région, a choisi de venir à Clères après une journée passée à Rouen.

« On connaissait Rouen pour son patrimoine. On ne s’attendait pas à trouver un parc comme celui-ci aussi près. Cela donne envie de rester plus longtemps dans la région », résume l’un d’eux.

Près du château, un artiste a installé son chevalet. Il peint la façade, avec les oiseaux au premier plan. La scène dit beaucoup du lieu. À Clères, le patrimoine n’est jamais isolé du vivant. Les bâtiments anciens, les arbres, l’eau et les animaux composent une même atmosphère. Le visiteur ne regarde pas seulement un décor. Il entre dans un paysage habité.

Le Parc de Clères abrite les pélicans frisés, les plus grands pélicans au monde ©RNI

Oiseaux rares et mammifères venus d’ailleurs


La singularité du Parc de Clères tient d’abord à sa diversité animale, mais aussi à la manière dont le public la rencontre. Le site accueille environ 1 400 animaux, dont près d’un millier vivent en liberté dans le parc. Hors des volières, les visiteurs se trouvent souvent au contact direct de nombreux animaux. Cette proximité donne à la promenade un sentiment particulier, assez rare dans un parc zoologique.

Les paons vont et viennent librement au milieu du public. Des bernaches d’Hawaï avancent près des allées. Des wallabies viennent aux pieds des enfants. Plus loin, un grand groupe d’antilopes cervicapres occupe l’espace avec vivacité. Les animaux ne sont pas seulement observés à distance. Ils font partie du paysage traversé par les visiteurs.

Cette sensation de liberté marque rapidement la visite. Elle ne vient pas d’une mise en scène spectaculaire, mais d’une relation plus directe avec le lieu. On avance dans un parc où les animaux semblent habiter les espaces autant qu’ils y sont présentés. Les visiteurs ralentissent, gardent une certaine distance, observent. Chacun ajuste son pas à ce qu’il voit.

Devant les pélicans frisés, Mathéo, adolescent venu avec sa famille, compte les oiseaux un à un. Ils sont sept. Leur taille l’impressionne. Le pélican frisé, le plus grand des pélicans, attire naturellement le regard par son envergure, son bec imposant et son allure calme.

Lucie et Eva, se sont assises sur un banc face aux flamants roses du Chili. ©RNI

Un peu plus loin, Lucie et Eva, se sont assises sur un banc face aux flamants roses du Chili. Elles observent leur mouvement rapide et répété. Les oiseaux piétinent le sol pour mettre en suspension les petits organismes dont ils se nourrissent.

« Ce sont les détails qui nous plaisent. On voit les flamants, puis on comprend leur comportement. La visite devient plus intéressante », explique Lucie.

Eva ajoute simplement : « On était venues pour passer un bon moment. Finalement, on apprend beaucoup. »

La diversité des oiseaux est l’un des grands marqueurs du Parc de Clères. Flamants, grues, ibis, bernaches, faisans, touracos et nombreuses espèces de volières rappellent l’identité ornithologique du site. Les grandes grues de Mandchourie retiennent l’attention par leur port et leur calme apparent. Les ibis chauves, eux, intriguent souvent les visiteurs. Leur silhouette est particulière, mais leur statut l’est plus encore : ils comptent parmi les espèces d’oiseaux les plus menacées au monde.

Dans les espaces consacrés aux primates, les hapalémurs et les tamarins empereurs rappellent d’autres territoires, d’autres climats, d’autres fragilités. La conure tiriba apporte une touche vive au parcours. Les mammifères en liberté complètent cette impression de voyage animalier aux portes de Rouen.

Les volières concentrent une autre partie de la richesse du parc. On y découvre le cariama huppé, le calao de Leadbeater, l’avocette élégante, les échasses blanches, les spatules blanches, l’œdicnème criard, le choucador à oreillons bleus, le merle métallique pourpre, le guira cantara, le touraco vert ou encore le lophophore resplendissant. Certains noms sont difficiles à retenir. Les formes, les couleurs, les attitudes et les cris restent davantage en mémoire.

Ce qui rend Clères exceptionnel, ce n’est pas seulement le nombre d’espèces. C’est la façon dont la diversité s’inscrit dans la promenade. Un paon sur une allée, des flamants près de l’eau, un wallaby dans un espace ouvert. Un ibis chauve derrière une information qui rappelle l’urgence de protéger certaines espèces. La visite avance par scènes successives, sans forcer l’émerveillement.

Pour les habitants du territoire de Rouen comme pour les touristes venus de Paris, de Belgique ou d’ailleurs, le parc donne une raison supplémentaire de découvrir Rouen et sa région. Il montre que le territoire ne se limite pas à son patrimoine urbain, aussi riche soit-il. Il possède aussi des lieux de nature capables de surprendre et de retenir les visiteurs.

Le Parc de Clères alterne zones ombragées, humides et ensoleillées pour le plus grand bonheur des espèces en liberté ©RNI
Près de Rouen, au Parc de Clères les pandas roux sont très appréciés des visiteurs ©RNI

Préserver les espèces, sensibiliser les visiteurs


Derrière la promenade, le Parc de Clères porte une mission essentielle : préserver la biodiversité. Le site ne présente pas seulement des animaux rares ou appréciés du public. Il participe à des programmes de conservation, soutient des actions de terrain et sensibilise les visiteurs aux menaces qui pèsent sur de nombreuses espèces.

Plus de la moitié des animaux du parc appartiennent à des espèces en danger ou protégées. Cette réalité change le sens de la visite. Les flamants roses du Chili, les pélicans frisés, les ibis chauves, les grues de Mandchourie, les limicoles ou certains primates ne sont pas seulement les animaux d’une après-midi. Ils deviennent les représentants visibles d’écosystèmes fragiles.

La volière des limicoles illustre cette dimension. Elle permet de découvrir des oiseaux liés aux milieux humides, comme les avocettes élégantes, les échasses blanches ou les spatules blanches. Ces espèces rappellent l’importance des zones humides, espaces indispensables mais souvent menacés par l’artificialisation, la pollution ou la transformation des paysages.

Une visiteuse venue de la Métropole de Rouen avec ses deux enfants le souligne à la sortie d’une animation : « Les enfants viennent pour voir les animaux. Mais quand on leur explique pourquoi certaines espèces sont menacées, ils posent tout de suite des questions. »

Le Parc de Clères agit également au-delà de ses propres limites. Il soutient des associations et des actions de terrain, notamment en faveur de la reforestation en Asie ou de la protection de milieux naturels à Madagascar. Ces engagements rappellent que la conservation ne se joue pas uniquement dans les parcs zoologiques. Elle dépend aussi du travail mené dans les pays d’origine des espèces, auprès des habitats naturels et des populations locales.

La recherche occupe une autre place importante. Les vétérinaires et les équipes du parc participent à des travaux en épidémiologie et à des études de comportement. Comprendre les animaux, leurs besoins, leurs habitudes et leurs interactions permet d’adapter leur prise en charge, d’améliorer leur bien-être et de faire progresser les pratiques dans les établissements zoologiques.

Cette démarche se prolonge auprès du public. Ateliers, événements, visites guidées et actions pédagogiques accompagnent la saison. Chaque année, environ 10 000 élèves passent par le Parc de Clères. Pour beaucoup d’enfants du territoire rouennais, c’est une première rencontre directe avec des espèces rares et les questions liées à leur préservation.

Le parc réussit à faire passer ces messages sans transformer la visite en discours permanent. Les informations arrivent au bon moment, près des animaux, au fil du parcours. Le visiteur reste libre de flâner, de regarder, de s’arrêter. Mais il repart souvent avec une idée plus précise de ce que signifie protéger le vivant.

C’est aussi ce qui donne envie de venir à Clères. On y trouve une sortie agréable, familiale, accessible depuis la Métropole de Rouen, mais aussi un lieu qui a du sens. Dans un territoire où le tourisme associe souvent patrimoine, gastronomie, Seine, forêts et architecture, le Parc de Clères ajoute une dimension plus rare : celle d’un patrimoine vivant, fragile, ouvert sur le monde.

Les ruines de l'ancien château médiéval au parc de Clères près de Rouen. ©RNI

Jean Delacour, le patrimoine et l’histoire du domaine


Pour comprendre le Parc de Clères, il faut revenir à son histoire. Le site doit une grande part de son identité à Jean Delacour, ornithologue, naturaliste et voyageur. Il acquiert le domaine en 1919 avec une ambition claire : créer un lieu où les oiseaux et les animaux peuvent être observés dans un cadre paysager, en dialogue avec le patrimoine existant.

Cette vision marque encore fortement la visite. À Clères, les animaux ne sont pas isolés d’un décor neutre. Ils s’inscrivent dans un domaine ancien, avec ses plans d’eau, ses perspectives, ses arbres et ses bâtiments. Le parc a conservé cette alliance entre observation scientifique, promenade et esthétique du lieu.

Le patrimoine bâti ajoute une profondeur particulière. Le visiteur découvre un château néo-gothique, un manoir à pans de bois du XVIe siècle et plusieurs traces de l’histoire seigneuriale du site. Le manoir abrite un rare plafond peint du XVIIe siècle. Sa charpente est datée de 1502, rappelant que le domaine existait bien avant son destin animalier.

Après les périodes difficiles du XXe siècle, notamment la Seconde Guerre mondiale, Jean Delacour poursuit son travail de reconstruction. En 1966, il cède le site au Muséum national d’histoire naturelle afin d’en prolonger les missions scientifiques, pédagogiques et de conservation.

Depuis 2012, le Parc de Clères appartient au Département de la Seine-Maritime, qui en assure la gestion. Ce rattachement public confirme la place du domaine dans le patrimoine naturel et culturel du territoire.

En quittant le parc ce samedi 4 juillet, chacun garde une image différente. Un père retient l’ombre des séquoias avec sa fille en poussette. Mathéo pense encore aux pélicans frisés. Lucie et Eva reparlent des flamants roses du Chili. Les visiteurs parisiens, eux, ajoutent Clères à leurs souvenirs de vacances normandes, aux côtés de Rouen.

Le Parc de Clères n’a pas besoin d’en faire trop pour convaincre. Sa force tient dans cet équilibre rare : un lieu agréable à visiter, une grande diversité d’oiseaux et de mammifères, un patrimoine ancien, une mission de préservation bien réelle, et cette sensation de liberté que procure le contact direct avec les animaux dans les espaces ouverts. Aux portes de Rouen, il donne une raison de plus de découvrir la région autrement.

Dans le château Renaissance, au parc de Clères près de Rouen, des expositions permanentes et temporaires permettent  aux visiteurs de se projeter dans l'histoire du lieu. ©RNI

Infos pratiques pour visiter le Parc de Clères


Le Parc de Clères est situé au 32, avenue du Parc, à Clères, en Seine-Maritime, à moins d’une demi-heure de la Métropole de Rouen.

Pour la saison 2026, le parc est ouvert du 14 mars au 1er novembre, y compris les jours fériés.

En haute saison, du 1er avril au 31 août, le parc est ouvert de 9h30 à 19h. Les derniers billets sont délivrés à 18h.

En basse saison, du 14 au 31 mars puis du 1er septembre au 16 octobre, le parc est ouvert de 10h à 18h30. Les derniers billets sont délivrés à 17h30.

Avant de préparer une visite, il est conseillé de vérifier les horaires, tarifs, animations et conditions d’accueil directement sur le site officiel du Parc de Clères : https://www.parcdecleres.fr/

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