À Rouen, le Jonquay veut accélérer la logistique fluviale et durable
Au sud immédiat de Rouen, le site du Jonquay entre dans une phase décisive. Voies navigables de France et la Métropole Rouen Normandie veulent y faire émerger de nouveaux projets économiques liés au transport fluvial, à la logistique durable et aux activités industrielles compatibles avec la proximité de la Seine.
L’appel à manifestation d’intérêt concerne des emprises situées sur le domaine public fluvial, à Sotteville-lès-Rouen et Amfreville-la-Mi-Voie. Le secteur n’est pas inconnu des acteurs économiques locaux. Il accueille déjà des activités liées au BTP, à l’économie circulaire et à la logistique. Mais son potentiel reste encore largement à structurer.
L’enjeu est clair : mieux utiliser le fleuve dans le bassin de vie de Rouen. Dans un territoire marqué par les flux industriels, portuaires et routiers, le Jonquay apparaît comme un site capable de renforcer la place de la Seine dans les chaînes logistiques.
Un foncier rare au bord de la Seine
Le site portuaire du Jonquay (communes d’Amfreville-la-Mi-Voie et de Sotteville-lès-Rouen) couvre 51 hectares au total. Dans cet ensemble, environ 11 hectares sont identifiés pour accueillir de nouvelles implantations. Cette surface disponible, directement liée à la voie d’eau, représente un atout rare dans la métropole rouennaise.
La localisation joue un rôle central. Le Jonquay se situe au contact des zones industrielles de la rive gauche, à proximité du boulevard industriel et de la RD18E, avec un accès rapide à l’A13. Côté fleuve, le site bénéficie d’une accessibilité adaptée aux unités fluviales ou fluviomaritimes de grand gabarit.
Cette double connexion, routière et fluviale, donne au secteur une position particulière. Il peut servir de point d’appui pour des entreprises qui souhaitent organiser une partie de leurs flux autrement, en réduisant la dépendance au camion lorsque les volumes et les destinations le permettent.
Le fret fluvial au service d’une logistique plus sobre
L’objectif affiché est ambitieux : atteindre 400 000 tonnes de trafic fluvial par an grâce à un usage mutualisé de l’appontement existant. D’autres aménagements pourraient suivre, notamment de nouveaux quais ou appontements, en fonction des besoins exprimés par les opérateurs.
Le transport fluvial n’a pas vocation à remplacer tous les usages routiers. Il peut en revanche absorber des flux massifiés, réguliers, adaptés à la voie d’eau. Matériaux du BTP, produits issus de l’économie circulaire, colis lourds, vrac ou logistique urbaine figurent parmi les pistes naturelles pour ce type de site.
Les entreprises invitées à se positionner
L’appel à manifestation d’intérêt vise d’abord à mesurer les besoins du marché. Les opérateurs économiques sont invités à préciser la nature de leur activité, les surfaces recherchées, les trafics fluviaux envisagés, les infrastructures nécessaires et les investissements qu’ils pourraient porter.
Cette étape ne vaut pas encore attribution. Elle doit permettre à VNF et aux partenaires publics de mieux calibrer les futures procédures de mise en concurrence. Les entreprises intéressées doivent transmettre leur questionnaire avant le 21 septembre 2026 à 18 h.
Pour le territoire rouennais, le Jonquay ouvre une séquence importante. À l’heure où la logistique, l’industrie et la décarbonation cherchent de nouveaux équilibres, ce site rappelle que la Seine n’est pas seulement un paysage. Elle reste une infrastructure économique majeure, capable de peser dans l’avenir du bassin de vie de Rouen.
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