À Rouen, découvrez le pont Gustave-Flaubert, un pont levant unique
Le pont Gustave-Flaubert est un pont levant routier qui franchit la Seine dans l’ouest de Rouen. Il se trouve en aval du pont Guillaume-le-Conquérant, qui marque la limite de la partie du fleuve accessible aux navires de mer. Il a été mis en service le 25 septembre 2008, après 4 ans de travaux.
Rouen a attendu longtemps ce sixième pont, le projet était approuvé depuis 1972, et il a fallu trancher entre trois options. Un pont fixe devait offrir 55 mètres de dégagement au-dessus des plus hautes eaux navigables, ce qui imposait de longs viaducs d’accès et empêchait tout échangeur avec les voies sur berge ; un tunnel coûtait cher à construire comme à exploiter, et posait problème pour le transit des matières dangereuses. Le pont levant s’est imposé comme la seule solution capable de concilier la ville et le fleuve.
Le double pont levant le plus haut du monde
Il s’agit d’un pont levant d’une portée de 120 mètres et d’une hauteur totale de 86 mètres, soit le 3e bâtiment le plus haut de Rouen après la cathédrale Notre-Dame de Rouen et la tour des archives. Le tirant d’air est de 7 mètres lorsque le tablier est en position basse, compatible avec le passage de péniches, et de 55 mètres au-dessus de la Seine en position haute. Ses caractéristiques en ont fait, en 2008, le plus haut pont levant au monde à double tablier. Il relie l’A150 au nord (direction Barentin / Dieppe) à la rocade sud de Rouen qui rejoint l’autoroute de Normandie. Sa longueur totale, y compris les viaducs d’accès, est de 670 mètres.
Une prouesse technique au-dessus de la Seine
La mécanique impressionne davantage que la hauteur, le tablier est double : 2 travées de 120 mètres pesant chacune 1 300 tonnes, portées par 4 pylônes jumelés deux à deux et plantés dans le lit de la Seine.
Trente-deux moteurs actionnent les treuils qui tirent sur les câbles, à raison de 4,2 mètres par minute : une dizaine de minutes suffit pour hisser un tablier à 55 mètres.
En position basse, le pont laisse 7 mètres de tirant d’air, assez pour les péniches et les petites embarcations. Ces pièces n’ont pas été assemblées sur place : fabriqués en usine en Alsace et en Belgique, tabliers et « papillons » ont voyagé par barge jusqu’au Havre avant de remonter la Seine jusqu’à Rouen.
Sa silhouette porte deux signatures : celle de l’architecte Aymeric Zublena, auteur du Stade de France, et celle de l’ingénieur Michel Virlogeux, à qui l’on doit le pont de Normandie. Son nom, lui, a été choisi par consultation publique, en hommage à l’écrivain rouennais.
Il permet notamment le passage des grands voiliers de l’Armada qui reviennent périodiquement à Rouen.
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